Les 7 apports des activités collectives dans une formation à distance

 

A travers nos pratiques, nous avons identifié sept apports résultant de la mise en œuvre d’activités collectives dans une formation en réseau. Bien évidemment, ces apports sont plus ou moins effectifs ou visibles selon les conditions de mise en œuvre de ces activités collectives.

  1. 1. L’augmentation des performances d’apprentissage ; dans le cadre d’activités collectives, le travail de résolution de problèmes est plus approfondi, les arguments produits par les participants sont plus élaborés et plus nuancés grâce au dialogue et au débat contradictoire, l’accomplissement des tâches de recherche d’informations est plus fouillé et plus exhaustif, la production de connaissances résultant du processus d’apprentissage est plus complète.
  2. 2. L’élargissement du champ de la formation ; dans une formation en réseau, lorsque des apprenants sont engagés dans un processus collectif, l’apprentissage concerne non seulement les contenus spécifiquement liés au thème de la formation, mais il porte aussi sur l’organisation, la coopération, le travail en équipe et sa coordination, la communication, la relation à l’autre, l’écoute, ou encore l’influence, la prise de décisions.
  3. L’engagement des apprenants dans la formation est renforcé par le souci de préserver la cohésion du groupe et de respecter des engagements de production pris auprès des pairs. Le souci d’être reconnu et de ne pas décevoir, l’émulation interne au groupe, l’apport ou la recherche de soutien auprès des pairs constituent des sources de motivation. Cet engagement accru entraine alors de meilleurs résultats et une plus grande satisfaction pour les apprenants.
  4. L’activité collective permet de garantir un haut niveau de persévérance des participants dans la formation à distance. La mise en œuvre des activités collectives avec une certaine qualité et en quantité adaptée permet de réduire de manière très significative l’abandon des apprenants. Ceci est d’autant plus vrai qu’ils coopèrent par choix et disposent de larges capacités de contrôle de leur activité. Nous avons observé cette réduction des abandons de manière très nette, en lien avec une introduction des activités collectives, dans les formations en réseau que nous avons conduites durant une dizaine d’années.
  5. L’autonomie des apprenants est renforcée ; ils acquièrent grâce aux travaux coopératifs une plus grande capacité à assumer des responsabilités, à la fois dans la conduite de leur propre parcours et dans le fonctionnement général de la formation ; confrontés à des enjeux collectifs, ils prennent plus facilement en charge des éléments de l’organisation de la formation, par exemple la planification des activités ou la mise en œuvre de moyens techniques. Un groupe, par exemple peut choisir d’effectuer sa production sur un wiki, alors que tel autre choisira, de sa propre initiative, d’échanger des arguments sur un forum, puis de les synthétiser sur un document. Si la liberté leur est laissée, certains groupes vont effectuer des réunions de concertation hebdomadaires par chat, alors que d’autres préfèrent délibérer en communication asynchrone sur un forum.
  6. La réalisation d’activités collectives, la confrontation à des difficultés communes, le partage des mêmes intérêts, la satisfaction commune apportent de l’humanité dans la formation. La formation devient un moment social plus riche dans lequel on vit des relations plus authentiques et plus intenses. Cette expérience affective peut nourrir un sentiment d’appartenance et des liens durables, qui peuvent se prolonger dans d’autres activités au-delà de la formation.
  7. Les formateurs sont gratifiés dans un tel contexte ; ils reçoivent directement la reconnaissance et les remerciements des apprenants satisfaits, et ces gratifications sont aussi indirectes, par l’observation des résultats de l’apprentissage. Cet élément est loin d’être anecdotique, par rapport à la cohérence et à la vitalité d’un dispositif de formation. Lorsque les apprenants construisent ensemble une force et prennent des responsabilités, les formateurs sont libérés du poids psychologique de la dépendance. Cette plus grande liberté leur permet d’être plus patients, plus réceptifs, plus experts à l’égard des processus complexes et subtils de l’apprentissage.

Sur la base de notre pratique, il faut préciser que nous parlons bien ici d’apprentissages collectifs en réseau sans aucun regroupement sur un même lieu et non de blended-learning qui articulerait des temps de regroupement et des temps d’apprentissage à distance. Dans ce contexte, les apprenants appartiennent à de petits groupes et interagissent depuis des lieux indifféremment situés dans le monde.

Jean-Claude Maurin

Publicités