Mises à jour de septembre, 2013 Activer/désactiver les fils de commentaires | Raccourcis clavier

  • Net-trainers 17 h 01 min le 3 September 2013 Permalien | Réponse
    Tags : , formation en ligne   

    La FOAD est-elle adaptée à tous ? 

    photo JCMReformulée par nous grossièrement, cette question se trouve au cœur des travaux de Jean Frayssinhes. Dans son ouvrage récent, L’apprenant adulte à l’ère du numérique (L’Harmattan, 2012) l’auteur reprend les résultats de recherche présentés dans sa thèse de doctorat en sciences de l’éducation. Homme de terrain tout autant que chercheur, son questionnement fait mouche :

    « 1/ Tous les apprenants peuvent-ils apprendre dans un processus de FOAD ? 2/ Comment les apprenants adultes qui ont réussi leur formation apprennent-ils dans un dispositif de Formation Ouverte et A Distance ? 3/ Quels sont les processus et les stratégies mis en œuvre par ceux qui ont réussi  à suivre avec succès leur formation ?… »

    Sa recherche est menée auprès 620 étudiants, participant à diverses FOAD, dans une vingtaine de dispositifs. Il examine 4 hypothèses de recherche :

    « 1/ Tout le monde ne peut pas réussir à suivre avec succès une FOAD  ou, n’est pas apprenant dans un concept de FOAD qui veut. 2/ Ceux qui ont réussi montrent des capacités et des compétences individuelles qui peuvent expliquer leur succès. 3/ Le style d’apprentissage dominant peut expliquer la réussite de l’apprenant. 4/ La capacité d’auto-apprentissage (version auto-direction) peut également expliquer la réussite de l’apprenant. (p. 256-257)»

    De ses conclusions nuancées, nous comprenons que si tout le monde ne peut pas réussir un apprentissage en FOAD, aucun style d’apprentissage, parmi les 4 étudiés,  n’empêche de réussir en FOAD, au contraire. Ces 4 profils présentés et détaillés sont : Méthodique-Réflexif, Méthodique-Pragmatique, Intuitif-Réflexif et Intuitif-Pragmatique.

    Il semble que les apprenants qui réussissent se trouvent dans chacun de ces profils, mais pour Jean Frayssinhes, « la somme de compétences, attitudes et aptitudes diverses, nécessaires pour suivre avec succès une formation en ligne, n’est pas disponible chez tous les apprenants. » Et il ajoute : « La somme des difficultés rencontrées explique le taux d’abandon et d’échec important, car tous les apprenants ne disposent pas de la méthodologie, de l’autonomie, de la motivation, nécessaires pour suivre avec succès une formation en ligne. (p.261) »

    Mais alors, comment réussit-on ? « Pour suivre avec succès une formation en ligne, il est nécessaire d’avoir un style préférentiel sur lequel s’appuyer, car il représente le moteur de l’action » nous dit l’auteur. On peut être un apprenant méthodique, avec de bonnes capacités d’auto-direction de son apprentissage, « dont les principaux points forts sont la maîtrise, la planification, et l’organisation de leur apprentissage, ainsi que la métacognition, et l’orientation FOAD positive. (p. 262)» Mais à l’opposé de ce style, on trouve aussi des apprenants avec un profil « intuitif » très marqué et des capacités d’auto-apprentissage plutôt moyennes. Ces apprenants font également preuve d’une appétence pour la FOAD et les outils numériques. Finalement, il ne semble pas possible de réduire ces conditions de réussite à un petit nombre de critères déterminants.

    En regard de sa 3ème hypothèse, la réponse de Jean Frayssinhes est d’ailleurs très nette. La réussite de l’apprentissage n’est pas attribuable à un style particulier. « Aucun style n’est « supérieur » à un autre, et le style seul ne peut pas discriminer les futurs apprenants en ligne. (p. 263) » Chacun des 4 profils présentés peut donc réussir en FAD.

    Le rôle des capacités d’auto-direction de l’apprentissage est examiné dans sa recherche et celles-ci ne peuvent être considérées de manière isolée comme déterminantes pour la réussite en FOAD. « Les compétences auto-apprenantes des participants à l’étude sont un atout incontestable pour apprendre, notamment dans le processus de FOAD, mais selon nous, ces compétences seules ne sont pas suffisantes pour expliquer la réussite des apprenants. Seule la conjonction des styles dominants et des capacités d’auto-apprentissage peut expliquer la réussite des apprenants adultes dans un processus de FOAD. (p. 263) »

    Outre les critères étudiés dans cette recherche – styles d’apprentissage, capacités d’auto-direction, appétence pour l’apprentissage numérique – nous pensons avec l’auteur que d’autres paramètres méritent d’être pris en compte pour expliquer réussites et échecs en FOAD. « Nous n’avons pas tenu compte des supports pédagogiques qui étaient mis en ligne, ni la façon dont ils étaient conçus (découpage, médiatisation…), ni l’organisation des apprentissages qui étaient proposés aux apprenants (seul, en groupe collaboratif, étude de cas, résolution de problème..), ni le tutorat dont ils faisaient l’objet (étaient-ils encadrés, tutorés, comment, selon quelle fréquence..), autant de points qui ont également une influence sur la qualité de l’apprentissage des adultes et qui demanderaient à être étudiés.. (p. 267) » D’après notre expérience de terrain dans le dispositif Net-Trainers, il semble en effet que l’organisation collective des apprentissages, plus exactement l’alternance individuel-collectif, constitue par exemple un facteur qui influe très nettement sur la réduction des abandons et sur la réussite finale.

    Jean-Claude Maurin

     
  • Net-trainers 16 h 55 min le 21 February 2013 Permalien | Réponse  

    Des formations à distance largement accessibles 

    photo JCMLa formation en réseau est une formation ouverte à distance (FOAD). Pour que la notion d’ouverture ne reste pas simplement l’initiale d’un sigle, l’organisme de formation doit rendre la formation largement accessible. L’accessibilité mettra en œuvre des aménagements pédagogiques, humains et techniques, notamment au niveau de la plateforme internet, support de la formation en réseau, et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) associées. Si les avantages pour les publics visés sont évidents, ceux pour les organismes le sont moins et certains pourraient montrer quelques réticences, évoquant des surcoûts ou des difficultés de mise en œuvre. Or, l’accessibilité est une réelle source d’avantages pour l’organisme.

    Quels peuvent être les freins à l’accessibilité d’une formation à distance ?

    Les questions d’accessibilité ne concernent pas seulement les personnes en situation de handicap physique ou sensoriel. Certes, dans le cas de la formation en ligne, les déficiences visuelles ou motrices seront à prendre en compte. Comment faire en sorte que les contenus soient vus et exploitables par quiconque ? L’écran et les outils de navigation sont des paramètres importants. Tous les apprenant-e-s n’utilisent pas le clavier « classique ». Des personnes atteintes de handicap physique utiliseront un clavier adapté, des raccourcis clavier ou un écran tactile. D’autres n’utilisent pas d’écran ou de souris (cas des personnes aveugles) et une information accessible uniquement par  ce biais ne le sera donc pas pour ce public.

    Pour autant, les questions d’accessibilité peuvent aussi être liées à des déficiences techniques, et en premier lieu à la vitesse de connexion. Tout le monde ne dispose pas d’une connexion à haut-débit. Selon un rapport du Sénat paru en juillet 2011, 23% des foyers avaient une connexion inférieure à 2 Mb/s et 450 000 foyers n’étaient toujours pas éligibles au haut débit (1). Une personne doit donc pouvoir désactiver l’affichage des images pour surfer plus vite. Par ailleurs, tous les apprenant-e-s ne disposent pas des mêmes logiciels. La compatibilité des outils et formats de documents utilisés est donc un critère essentiel d’accessibilité des contenus.

    L’accessibilité concerne tout le monde, nous sommes tous à un moment de notre vie en situation de handicap temporaire : un bras ou une main immobilisé, des lunettes cassées, une connexion internet défaillante, un dysfonctionnent du clavier ou de la souris, un écran d’ordinateur brisé… Le vieillissement de la population est aussi un élément à prendre en compte. Le nombre de personnes subissant une déficience visuelle augmente.

    Quels sont les avantages de l’accessibilité pour un organisme proposant des formations  à distance ?

    Le premier point, que l’on peut difficilement qualifier d’avantage, est le respect de la législation. En travaillant sur l’accessibilité des formations les organismes sont en conformité avec la loi de février 2005 (en France) sur le handicap et les modifications du 1er janvier 2006. Cet argument devrait suffire par lui-même, mais les organismes étant souvent mus par une logique économique, les avantages commerciaux et économiques ont souvent plus de poids. Or, ceux-ci sont nombreux.

    En ouvrant son offre de formation à un public élargi, l’organisme ouvre son champ de prospection à de nouveaux clients. C’est un argument économique de taille, quand on sait que les personnes en situation de handicap temporaire ou permanente représentent plus de 30% de la population française (2). On perçoit les avantages concurrentiels de s’adresser à une audience élargie et cette démarche d’accessibilité pourra d’ailleurs être exploitée dans la communication de l’organisme, en affichant sa responsabilité sociale, par exemple au travers d’une certification.

    L’accessibilité est par ailleurs source d’innovations et d’améliorations, qui offriront un avantage concurrentiel mais aussi une meilleure maîtrise des coûts et donc au final une meilleure rentabilité économique.

    En interne, la réflexion que va nécessiter la mise en œuvre de l’accessibilité permettra de s’interroger sur les moyens de travailler de manière plus souple, plus personnalisée, plus efficiente. Elle permettra de faire rentrer les équipes dans une démarche d’amélioration continue et de mesure de la performance.

    Les aménagements techniques, notamment le respect des normes W3C (3) pour la plateforme de formation, permettront de réaliser des économies conséquentes au niveau des coûts de fonctionnement du site, des coûts de maintenance et des coûts de développement, ainsi que le détaille Mathieu Faure sur son blog dédié à l’accessibilité (4). Un site accessible est par ailleurs mieux référencé dans les moteurs de recherche. On sait par exemple que Google s’appuie sur les textes des sites et ne tient pas compte des images dans ses critères de référencement. On observera ainsi une diminution des coûts de référencement.

    Avec une plateforme de formation à distance qui applique les règles de l’accessibilité, les utilisateurs-trices bénéficieront du travail effectué sur les contenus et l’ergonomie du site (navigation, moteur de recherche…). Ils accèderont plus facilement à l’information qu’ils cherchent, diminuant ainsi le coût de support technique. Ce poste budgétaire pouvant être important dans une formation en réseaux, les économies réalisées sont un argument de poids. Par ailleurs, les pages des sites accessibles ont un poids moindre. L’internaute constatera une diminution du temps de chargement et donc plus d’efficacité dans sa navigation, accentuant encore la satisfaction. Un site présentant une bonne ergonomie sera plus apprécié et donc plus fréquenté.

    Ainsi, mettre en œuvre une démarche d’accessibilité est un acte social. Les organismes de formation ont des responsabilités et des devoirs envers les publics désavantagés. Ce devoir peut être rempli a minima et être vécu comme une contrainte. Il peut aussi être vécu comme une opportunité d’améliorer son offre et ses méthodes, pour au final, créer de la valeur et réduire les coûts.

    Stéphane Truchot & Karine Affaton

    Sources :

    1) Rapport du Sénat. Commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, 6 juillet 2011

    2) http://www.agefiph.fr/Actualites/9-6-millions-de-personnes-handicapees-selon-l-Insee

    3) http://www.w3.org/standards/

    4) http://www.blog-accessibilite.com/blog/2005/09/27/76-avantages-concrets-de-laccessibilite

     
  • Net-trainers 12 h 34 min le 10 January 2012 Permalien | Réponse
    Tags : , , , , , , formation en réseau, , ,   

    La formation en réseau : une formation OU-VER-TE ! 

    « Ce ne sont pas les usagers qui vont vers la formation, mais la formation qui va vers les usagers. » Cet adage prend tout son sens avec la formation en réseau. La formation est accessible, « à portée » de souris, chez soi ou sur son lieu de travail, depuis le monde entier, à toute heure. Une connexion internet suffit. C’est le principe de la Formation Ouverte à Distance (FOAD). Mais l’ouverture ne se limite pas aux dimensions spatiale et temporelle. Le parcours, les contenus, les modalités d’apprentissage seront aussi plus ouverts, c’est-à-dire plus flexibles, pour s’adapter à la singularité de chaque apprenant. De même, les modes de communication et les relations entre apprenants et entre apprenants et formateurs seront transformés dans la formation en réseau. Ces caractéristiques permettent de toucher des publics souvent exclus de la formation.

    Dans un dispositif de formation en réseau, l’apprenant n’a plus à rejoindre une structure traditionnelle (généralement un centre de formation) à des dates et horaires imposés. Le cadre de la formation se construit autour de lui, de son projet et de ses contraintes : dates d’entrée et de sortie de formation, programmes, modes de communication, moyens pédagogiques, horaires d’apprentissage… Cette grande flexibilité permet de toucher des publics parfois exclus de la formation. On peut citer :

    • les personnes en situation de handicap physique ou psychique, permanent ou temporaire;
    • les personnes malades, dans l’incapacité de se déplacer en raison de leur traitement ;
    • les habitants de zones isolées ;
    • les jeunes non diplômés des zones urbaines sensibles ;
    • les personnes incarcérées ;
    • la population active aux horaires décalés ou les professionnels ayant des contraintes fortes (éleveurs, commerçants…) ;
    • les expatriés ;
    • les adultes ayant des contraires familiales lourdes …

    La FOAD repose en grande partie sur l’auto-apprentissage. Elle implique donc l’acquisition préalable d’une autonomie minimale dans la manière de s’organiser et d’apprendre, ainsi qu’un accompagnement technique (maîtrise des TIC), méthodologique (apprendre à apprendre), voire psychologique (sortir de l’échec, prise de conscience de ses capacités). L’auto-apprentissage conduit les apprenants à se fixer leurs propres objectifs et leurs propres moyens de les atteindre. Parce qu’il s’agit d’une démarche volontaire et non contrainte, l’apprenant se retrouve en situation de « Pouvoir réussir » et non de « Devoir réussir ». Il est donc responsable de son projet de formation.

    Quant à l’utilisation des outils informatiques, elle ne doit pas représenter un écueil. Pour certains, une formation à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pourra être organisée en début de formation : utilisation d’Internet, logiciels de traitement de texte, messagerie électronique… De même, l’acquisition d’une certaine maîtrise du Français pourra être intégrée dans le projet de formation : apprendre à résumer sa pensée de manière claire, rédiger des synthèses, faire des recherches bibliographiques. Ces aspects contribueront par ailleurs à l’acquisition de méthodes de recherche d’emploi : écrire une lettre de motivation, rédiger un CV, préparer un entretien d’embauche, utiliser les nouvelles technologies pour ses recherches et démarches.

    Parce qu’elle est accessible à de nombreux publics, la formation en réseau fait travailler ensemble des personnes qui ne se seraient peut-être pas rencontrées en formation classique. Ainsi, elle permet de s’affranchir des distances géographiques mais aussi des distances sociales et culturelles. Avec la FOAD, on affaiblit l’impact des préjugés, des stéréotypes et chacun collabore aux activités collectives. Les personnes ayant connu l’échec scolaire notamment seront plus à l’aise dans un dispositif de formation à distance car elles pourront dépasser l’image du mauvais élève et échanger entre pairs, d’égal à égal. En ce sens, c’est aussi l’opportunité d’apprendre à travailler ensemble, sans distinction d’âge, de sexe, de culture ou d’origine.

    Ainsi, la FOAD peut représenter un moyen d’acquérir des compétences et d’accéder à un emploi effectif pour un grand nombre de publics. Au final, au même titre qu’une formation en présentiel, la formation en réseau doit pouvoir participer au développement des savoirs, savoir-faire et savoir-être de tous les publics. Elle offre en plus à certains publics en difficulté la possibilité d’acquérir de la confiance et de l’autonomie.

    Karine Affaton

     
  • Net-trainers 11 h 28 min le 5 January 2012 Permalien | Réponse
    Tags : , , , , , , , , , motivation, , , ,   

    7 principes clés pour soutenir la motivation à distance 

    Dans la formation, la motivation de l’apprenant est un facteur déterminant dans l’engagement (les motifs), dans les processus d’apprentissage (attention, compréhension, mémorisation…) et surtout dans la poursuite de la formation (persistance) jusqu’à l’atteinte des objectifs. Une grande partie de la motivation trouve sa source chez l’apprenant et ses dispositions. Mais, parce qu’elle repose sur des mécanismes complexes impliquant des phénomènes conatifs (volonté, intention…), cognitifs (perception, traitement des informations, représentations…) et affectifs (joie, tristesse…), l’environnement et notamment l’entourage de l’apprenant peuvent fortement l’influencer. Dans cet entourage, le formateur occupe une position clé. Dans un dispositif à distance, on peut s’interroger sur la capacité du formateur à influencer la motivation de l’apprenant. Nous proposons ici 7 principes clés capables de soutenir la motivation, même à distance.

    1. Intégrer au maximum le projet de l’apprenant. La première composante de la motivation est l’intérêt de l’apprenant pour la formation en lien avec sa représentation de l’avenir. Il est donc important de bien cerner, avant même l’engagement de l’apprenant dans la formation, son projet professionnel et personnel : évolution de carrière, reconversion, création d’activité, retour à l’emploi… Le projet est à la fois à l’origine de l’engagement, le gage d’une plus grande autonomie dans les apprentissages, mais aussi un moteur motivationnel tout au long de la formation. Le formateur a donc tout intérêt à s’appuyer le plus souvent possible sur le projet de l’apprenant, notamment lors des activités d’apprentissage. Il peut cerner le projet au travers d’une série d’interrogations. Quelle est la solidité du projet, son réalisme et de son adéquation avec la formation ? Quel rapport l’apprenant entretient-il avec son projet ? Quelle est sa capacité à le réussir ? Quelle valeur a-t-il à ses yeux ? Le projet repose-t-il sur son initiative ? Quels sont les enjeux ? Quelle conviction a-t-il en ce projet ? Quelles sont ses chances de réussir ? Tout au long de la formation, le formateur peut revenir sur ce projet et questionner l’apprenant. En retour, il disposera d’un accès plus direct aux attentes de la personne ; cela lui permettra de manifester son enthousiasme, notamment à l’occasion de l’évaluation des activités se référant au projet.
    2. Favoriser les comportements de défi. L’apprenant doit se sentir compétent, c’est-à-dire avoir le sentiment d’être capable d’atteindre les objectifs de la formation. Pour générer ce sentiment et éviter tout phénomène de découragement, il est important que les performances visées soient gratifiantes et atteignables. Le niveau de difficultés des activités d’apprentissage doit donc être savamment dosé et graduel afin de favoriser les comportements de défi par rapport à l’atteinte des objectifs. Idéalement cette notion de défi est individualisée. Bien entendu, le formateur se sera assuré au préalable que le candidat à la formation a les compétences pré-requises (formation initiale, expérience…). Il peut travailler aussi sur la granularité de la formation pour séquencer les objectifs d’apprentissage et donner une progressivité dans les niveaux de difficulté des apprentissages. Il s’agit de veiller à ce que les objectifs soient difficiles mais accessibles et surtout précis. De cette manière l’apprenant évaluera lui-même ses progrès dans ses apprentissages.
    3. Faire alterner activités individuelles et collectives. Le travail collectif génère de l’émulation, de la coopération, de l’inspiration. Or, la formation en réseau permet d’organiser le travail en groupe de façon à ce que les compétences des uns viennent compléter celles des autres. Il permet par ailleurs de valoriser l’apprenant en lui confiant des responsabilités d’animation et de coordination. Enfin, c’est l’occasion pour les apprenants d’échanger sur leurs projets professionnels et personnels.
    4. Veiller à la qualité de la relation pédagogique. Accompagnement régulier, encouragements, retours rapides, écoute active pour déceler d’éventuels signes de démotivation… Cette relation de qualité est possible si le formateur choisit de se positionner «aux côtés » de l’apprenant. Il se situe comme conseil plutôt que comme expert. Il évalue les activités en les commentant de manière constructive, en soulignant les points positifs, en aiguillant les apprenants sur les points à revoir. Il analyse avec lui les erreurs et les moyens de remédiation sous forme d’évaluation formative. L’intégration d’activités de métacognition par l’apprenant sur ses apprentissages permet d’identifier les causes de difficultés éventuelles et les moyens de les surmonter ; sans oublier la réciproque : l’analyse régulière par le formateur de ses pratiques… toujours perfectibles !
    5. Favoriser une prise en main de sa formation par l’apprenant. L’apprenant doit pouvoir exercer son contrôle sur la formation et les processus d’apprentissage. Tout ce qui est ressenti comme contrainte ou contrôle réduit l’autodétermination et affecte la motivation. Le sentiment de libre-choix va de pair avec la responsabilisation de l’apprenant. A ce titre, en  favorisant une  « prise en main » de la formation par l’apprenant, la formation en réseau présente plusieurs avantages que l’on pourra exploiter. Ainsi, la négociation du contrat pédagogique et notamment les objectifs personnalisés d’apprentissage et le calendrier de réalisation du parcours individualisé est une étape importante. Il est crucial aussi que l’apprenant dispose d’une marge de manœuvre dans la planification de ses activités ou dans le choix de ressources pédagogiques additionnelles aux supports de la formation.
    6. Concevoir des supports pédagogiques efficaces et attrayants. Les outils pédagogiques mis à disposition des stagiaires doivent être ludiques et interactifs afin de susciter de la curiosité, véritable moteur dans les processus d’acquisition des connaissances. Ces supports doivent bien sûr être pertinents au regard des compétences à acquérir et des activités d’apprentissage proposées. Rien de plus décourageant qu’un document incomplet ou obsolète qui ferait perdre du temps à l’apprenant ! La qualité des supports est le reflet de la qualité de l’accompagnement et de la considération que porte le formateur à l’apprenant. Enfin, des outils pédagogiques de qualité inciteront les apprenants à produire eux-mêmes un travail de qualité. Ils serviront en quelque sorte de référence ou d’étalon.
    7. Mettre en place des indicateurs. Il est dangereux d’attendre la fin de formation et de connaitre les taux d’abandon ou d’échec pour analyser sa capacité à soutenir la motivation de ses apprenants. Une revue régulière est préférable : les mesures capables de soutenir la motivation sont-elles mises en œuvre et surtout sont-elles efficaces ? Un des indicateurs pourra être le suivi des apprentissages : l’apprenant respecte-t-il ses engagements ? Un autre sera l’écoute active afin de déceler tout signe de découragement au travers des mails ou conversations téléphoniques, leur tonalité et leur fréquence.

    Ainsi, les moyens d’attiser la motivation de l’apprenant à distance sont nombreux. Cette question doit être intégrée dès la conception de la formation et surtout rester centrale tout au long de la formation, notamment dans la qualité de l’accompagnement offert par le formateur.

    Karine Affaton

     
    • Cécile 17 h 39 min le 5 avril 2012 Permalien | Réponse

      Pas si loin des 7 piliers de l’auto-formation de Philippe Carré finalement 😉

    • Albert Etienne 14 h 05 min le 8 avril 2012 Permalien | Réponse

      Cet article est intéressant. Il aurait pu être plus développé que ce serait plus intéressant encore. Les détails pour mieux comprendre manquent.

      • Net-trainers 18 h 24 min le 8 avril 2012 Permalien | Réponse

        Merci pour ce commentaire. Le format blog nous incite à poster des articles courts mais rien n’empêche de poursuivre la discussion au travers des commentaires. Quels éléments vous manque-t-il pour mieux comprendre ? Etes-vous vous-même engagé dans l’animation de formations en réseau ? A quelles difficultés êtes-vous confrontées ?

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