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  • Net-trainers 12 h 03 min le 21 December 2012 Permalien | Réponse
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    Le-la formateur-trice 2.0 

    “Learn real-world skills from anyone, anywhere”. “Acquérir des compétences réelles de n’importe qui, depuis n’importe où ”, telle est la promesse de Skillshare.com, plateforme d’apprentissage communautaire. En passant d’un modèle de production de contenu unidirectionnel et vertical à un modèle « en réseau » où les utilisateurs et les contenus peuvent interagir, le web est de facto devenu un outil formidable d’apprentissage. Oui, mais si tout le monde peut devenir formateur en publiant un « tuto », que reste-t-il aux formateurs spécialistes de la formation en réseau ?

    La formation ouverte et à distance (FOAD) a su s’emparer du média internet dans les années 1990 alors que ce nouvel outil se démocratisait. Nous étions dans la première phase des applications web qui furent appelées rétroactivement web 1.0. Internet était orienté sur les contenus. Des individus ou organisations publiaient des textes et des images à l’attention des « internautes ». Les professionnel-le-s de la formation l’ont utilisé pour publier des cours en ligne. Rapidement, le web a évolué vers de nouvelles fonctionnalités d’échanges avec l’apparition de forums et de plateformes. Les utilisateurs-trices pouvaient dorénavant prendre la parole et échanger entre eux. De simples lecteurs, ils devenaient auteurs.  Les premières plateformes de formation pouvaient voir le jour. Les apprenant-e-s y consultaient des ressources pédagogiques et pouvaient échanger entre eux. Puis, dans les années 2000, sont apparus les blogs, les réseaux sociaux et les wikis. Le web est alors rentré dans une nouvelle génération d’applications baptisées web 2.0. Le web 2.0  se caractérise par  deux niveaux de collaboration, d’interaction et d’intelligence : entre utilisateurs-trices qui sont connectés via des réseaux sociaux et collaborent en partageant ou en coéditant des contenus ; entre les contenus qui peuvent être désormais « syndiqués » (publiés automatiquement sur plusieurs sites) et « agrégés » (rassemblés en un même lieu) grâce aux tags et à la folksonomie.

    Du web 1.0 au web 2.0, on est donc passés d’un modèle de production de contenu unidirectionnel et vertical à un modèle en réseau et transversal. Transposé à l’apprentissage, on a quitté le modèle de la classe virtuelle où le professeur donnait son cours magistral et mettait à la disposition des apprenant-e-s une bibliothèque, à des ateliers d’apprentissage ouverts, où les apprenant-e-s sont libres d’aller piocher des ressources où ils veulent et collaborent pour construire les contenus. Si les apprenant-e-s recherchent les ressources eux-mêmes et construisent entre eux leurs savoirs, on peut alors s’interroger sur la place du-de la formateur-trice.

    Pourtant, dans la conception de la formation en réseau promue par Net-Trainers, le rôle du-de la formateur-trice reste primordial et irremplaçable. Pour cela, nous nous référons à notre propre expérience d’animateurs de la formation en réseau. Depuis 2003 (date de la création de la formation Net-Trainers), nous constatons que beaucoup de notre effort d’accompagnement porte sur l’accès aux capacités à organiser les apprentissages en réseau. Le-la formateur-trice favorise l’apprentissage en travaillant dans la “zone proximale de développement” qui décrit l’espace entre les tâches que l’apprenant-e peut réaliser seul-e et celles qu’il-elle ne peut réaliser qu’avec l’aide d’une personne plus avancée dans ce domaine. La ZPD est donc tout ce que l’apprenant-e peut maîtriser quand une aide appropriée lui est donnée.  Dans cette ZPD, il y a une nécessité de médiation, c’est-à-dire d’intervention humaine plus ou moins intense, outillée et structurée.

    Par ailleurs, le-la formateur-trice a un rôle de facilitateur dans les relations sociales sur lesquelles repose le modèle d’apprentissage socio-constructiviste. Ce rôle est essentiel pour le maintien du climat convivial, sans lequel toute collaboration serait inconcevable ou inefficace. Car l’apprentissage collaboratif n’est pas « naturel ». Il n’est possible qu’après une phase de déconstruction des pratiques traditionnelles basées sur la compétition individuelle et individualiste, suivie d’une phase de reconstruction fondée sur les pratiques collectives de co-construction du savoir. Or, tous les apprenants n’ont pas les mêmes facultés à opérer un tel processus.

    Le-la formateur-trice joue aussi un rôle important dans le soutient de la motivation des apprenants. Durant leur parcours, les apprenant-e-s traversent divers cycles de motivation / démotivation qui nécessitent parfois l’intervention des formateurs-trice. En faisant référence à leur projet, en éclairant le parcours déjà effectué et les facultés de l’apprenant-e, le-la formateur-trice pourra « réanimer la flamme ».

    Par ailleurs, le-la formateur-trice a un rôle d’autorité dans le sens où il engage l’apprenant-e, par exemple par la signature d’un contrat d’apprentissage. Ce contrat pourra préciser les modalités de collaboration de l’apprenant-e avec ses pairs. Il l’engage aussi dans le respect d’un calendrier. L’autorité du-de la formateur-trice ne se limite pas à l’instauration de règles. Elle s’applique aussi à la reconnaissance et la validation des compétences développées, selon un référentiel établi et reconnu.

    Enfin, dans un dispositif à taille humaine comme Net-trainers, les formateurs-trices ont aussi un rôle d’assistance technique dans la prise en main et l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC).

    On le voit, le-la formateur-trice web 2.0 assure plusieurs fonctions. Une fonction pédagogique en tant qu’expert des contenus et des scenarii pédagogiques ; une fonction d’animation et de facilitation  afin de soutenir les apprenant-e-s dans leur parcours et leurs relations, à la fois d’un point de vue psychologique et social et parfois une fonction d’assistance technologique.

    Ainsi, l’évolution des technologies nous démontre s’il l’était nécessaire que, comme l’énonçait Le Boterf (1999) [i] « l’ingénierie est un concept en voie de fabrication. Son évolution est un signe de sa vitalité. Il témoigne de sa capacité à s’adapter à des problématiques et à des contextes nouveaux ».

    Karine Affaton


    [i] Le Boterf G., « De l’ingénierie de la formation à l’ingénierie des compétences : quelles démarches ? Quels acteurs ? Quelles évolutions ? », Ph. Carré et P. Caspar (dir.), Traité des sciences et des techniques de la formation, Dunod, Paris, 1999.

     
  • Net-trainers 15 h 16 min le 4 December 2012 Permalien | Réponse
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    On ne s’en MOOC pas ! 

    "What is a Mooc ?" by Dave Cormier

    « What is a Mooc ? » by Dave Cormier

    En octobre, le premier MOOC en français intitulé « Internet : Tout Y est Pour Apprendre (T’outiller pour apprendre) » était lancé. Plusieurs centaines d’internautes francophones se sont inscrits avec pour objectif d’apprendre ensemble à utiliser Internet comme source d’apprentissage.

    MOOC signifie en anglais « Massive open online course ». Si on peut cerner rapidement la signification de « online » (« en ligne » en français) et celle de « massive » car le nombre de participant-e-s est illimité, la notion d’ouverture (« open ») mérite un peu plus d’attention.

    Les MOOCs seraient d’abord ouverts à tous. Pas de sélection, pas de pré-requis… tout un chacun peut s’inscrire à une session de formation, à condition d’avoir une connexion internet, de maîtriser l’outil web et les outils de d’information et de communication associés, et bien sur, de maîtriser la langue utilisée (les anglophones seront avantagés). Les MOOCs reposent par ailleurs sur la gratuité comme modèle économique.

    La notion d’ouverture couvre également les ressources. Si les animateurs-trices proposent des supports pour initier les apprentissages, les apprenant-e-s sont encouragé-e-s à agréger toutes les ressources jugées utiles, à les partager puis à échanger entre pairs pour enfin produire leurs propres connaissances.

    Les MOOCs sont également ouverts à toutes les technologies. Aucun outil n’est imposé aux apprenants. Chacun est libre de choisir ses outils de recherche, de partage, de dialogue ou de publication parmi l’offre proposée sur le web : chats, wikis, forums, Twitter, Facebook, blogs, sites d’agrégation, Skype, cartes heuristiques… 

    Mais surtout les MOOCs laissent les apprenant-e-s libres de définir leur parcours. Si un calendrier est proposé, chaque participant-e peut entrer (et sortir) à tout moment. Chacun est libre d’ajuster son niveau d’implication en fonction de ses besoins, de ses contraintes et même de ses objectifs puisque, eux aussi, sont « ouverts ». Et oui, chaque personne choisit ce qu’elle va produire et les compétences qu’elle souhaite acquérir. Elle est libre par ailleurs d’emprunter le parcours qu’elle veut. A elle de repérer (ou de découvrir « sur le tas ») les supports pédagogiques, les interactions entre pairs et les activités de traitement, de réflexion et/ou de production d’informations qui lui permettront d’apprendre.

    On le voit, le modèle d’apprentissage des MOOCs combine auto-apprentissage et apprentissage collaboratif. De là à parler de socio-contructivisme il n’y a qu’un pas que nous nous garderons de franchir du fait de la quasi absence d’accompagnement. D’ailleurs, les supporters des MOOCs préfèreront parler de « connectivisme », c’est-à-dire la construction de connexions et de réseaux capables de se relier les uns aux autres pour construire des connaissances. L’auto-apprentissage passera aussi par une analyse (meta-cognition) de son parcours d’apprentissage. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard  si les premiers MOOCs ont été dédiés… aux MOOCs ou à l’apprentissage à distance. « Miroir, ô mon beau miroir… »

    Ainsi, les MOOCs seraient la déclinaison WEB 2.0 de l’apprentissage. Un modèle gratuit et à l’échelle mondiale. Un dispositif ouvert, mettant l’apprenant au centre. Un système basé sur l’intelligence collective, où l’on échange « entre pairs » sur des réseaux et où tout un chacun peut tour à tour lire et publier. Un système où les contenus peuvent être agrégés, syndiqués, transformés. Nous manquons à l’heure actuelle de recul sur l’efficacité et la viabilité de ce nouveau modèle. On peut d’ores et déjà pressentir qu’un des nœuds du problème restera le même que dans n’importe quel système d’apprentissage ouvert et à distance : à savoir comment “apprendre à apprendre en réseau”. Il est possible que parmi la « masse » des candidat-e-s à l’aventure, seul-e-s quelques un-e-s seront en capacité d’apprendre. Pourtant l’idée est séduisante et on a envie de croire en un modèle ouvert à tous et basé sur des échanges constructifs et bienveillants. Reste à voir si on peut cheminer sur le long terme dans cette perspective de manière informelle. Alors comment introduire de la méthode, un cadre, une structure tout en garantissant un modèle ouvert et gratuit ? L’avenir nous le dira.

    Karine Affaton

    sources :

    http://fr.wikibooks.org/wiki/Guide_du_Mooc

    http://itypa.mooc.fr/

    http://www.youtube.com/watch?v=eW3gMGqcZQc&feature=player_detailpage

     
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